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Six milliards de Super Héros

4 août 2009 Aucun commentaire

super héros taxiLes écrans, les écrits, les images et les sons. Rien ni  personne ne semble échapper à la tempête des super héros. Urbains, civils, si belles et si beaux, que viennent faire ces créatures idéales au milieu de notre quotidien, à nous qui n’avons plus de Dieu ou si peu ? Qui n’avons plus de maître, ou si consensuels ?

Nous ne voulons plus d’idéologies, plus de places déterminées dans le monde et plus de hiérarchies. Alors, n’est il pas dans la logique prométhéenne des choses, désormais, que nous  nous accomplissions, chacune et chacun, dans ces rêves de superpouvoirs ?

 Hum, certes, mais comment ne pas voir accolés à ces super-êtres leurs pendant, un peu moins super… C’est le plus souvent malgré eux que les super héros se découvrent à eux-mêmes. Et encore, bien heureux lorsqu’ils ne tombent pas du mauvais côté, tragique ou maléfique… Coup de hasard ? Pire encore, leur confiance en eux-mêmes les trahit ou les ridiculise. De Superman à Super cochon, il n’y a qu’une génération et qu’est ce qu’une génération dans notre univers ?

Peut être faut il reprendre cela à la source. Ce courant individuel qui annihile les destinées des royaumes, des classes sociales et finalement de tous  les groupes humains a-t-il un support dans la réalité ? N’est-il pas aussi illusoire de prétendre à la réussite individuelle qu’à celle de telle ou tel projet collectif ?

Il y a une réponse historique à cette question. Plus le temps passe sur notre petite terre et moins les humains occupent leur espace. Plus nous sommes nombreux et plus nous nous suffisons à nous-mêmes. Les progrès techniques agrandissent nos villes et densifient notre univers connu. Ils ne nous aident pas à défricher et rendent à « la nature » ou plutôt au « désert », nos ex- campagnes. Une conséquence directe : nous sommes de plus en plus dépendants les uns des autres. La solitude du chasseur-cueilleur nomade du paléolithique s’est bel et bien éloignée sans espoir de retour, nulle part en ce monde. Pour survivre, il n’est plus de refuge hors la civilisation. Et le reste n’est qu’acrobatie éphémère.

Les super héros qui nous regardent évoluer du haut de leurs pouvoirs le savent bien, ils apparaissent quand nous progressons si vite que nos propres ressources semblent nous dépasser. Comme les  enfants qui apprennent la peur de se perdre en faisant leurs premiers pas. Il ne s’agit plus de croire ou de s’émerveiller. Il faut apprendre à vivre avec 6 milliards de super héros.

Docteur Shalom TAUBENFELD

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