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L’Homme au chaperon bleu de Van Eyck

20 octobre 2009 Aucun commentaire

L’exposition du musée Jacquemard André présente jusqu’au 11 janvier 2010 les chefs-d’œuvre de la collection Brukenthal.
Le Baron Samuel von Brukenthal (1721-1803) était un noble transylvanien, envoyé à la cour de Vienne pour représenter ses compatriotes. Il fut un proche conseiller de l’Impératrice Marie-Thérèse d’Autriche puis son chancelier et gouverneur de la Transylvanie. Collectionneur insatiable, il acheta livres, objets d’art, gravures, tableaux et constitua une collection qui devint rapidement une des plus prestigieuses collections d’Europe centrale.

Mais revenons à l’exposition. Elle est plutôt petite mais présente des chefs d’œuvres dont un en particulier sur lequel je voudrais m’arrêter. Il s’agit de l’Homme au chaperon bleu de Jan Van Eyck.

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C’est le genre d’œuvre que tout le monde a déja vu une fois dans un livre et qu’on a l’impression de bien connaitre. Et le fait que le musée reprenne l’image sur l’affiche de l’exposition renforce cette impression.

Pourtant, en arrivant dans la salle où trône le tableau, j’ai eu une sorte de choc.

Un fois auparavant, j’avais déjà eu le même sentiment. C’était à l’Accademia de Venise, devant « la Tempête»  de Giorgione.

Parce qu’ils sont des chefs d’œuvre, ces tableaux paraissent immenses, à la mesure de leur renommée.

Et pourtant, ils sont (tout) petits. On pourrait être déçu, mais, paradoxalement, leur taille renforce leur beauté parce qu’elle crée une certaine proximité avec le visiteur. Il faut s’en approcher pour en saisir l’essence et entrer dans le tableau.

L’Homme au chaperon bleu est un tableau beau et énigmatique. Son histoire comme celle de son auteur sont entourées d’une aura mystérieuse.

Lorsque Brukenthal acquiert le panneau, il est attribué à Albrecht Dürer, pour faire monter les prix puisque Dürer est alors un des peintres les mieux cotés. Finalement, beaucoup plus tard,  les spécialistes et les analyses dendrochronologiques en attribueront la paternité à Jan Van Eyck.

L’homme représenté sur le tableau a lui aussi été longtemps un mystère. Le regard songeur, la coiffe bleue, la bague tenue dans la main droite…

Il s’agit probablement de Jean IV de Brabant et le portrait aurait été réalisé puis envoyé pour négocier ses fiançailles.

L’œuvre est considérée comme le premier portrait de la peinture moderne et Jan Van Eyck comme le père de ce genre pictural. Il en a fourni de nombreux exemples comme « L’Homme au turban rouge» , considéré comme un autoportrait et conservé à la National Gallery de Londres.L'homme au turban rouge

Les modèles sont toujours représentés en buste, de 3/4, tourné vers la gauche avec une grande précision du trait et des couleurs presque transparentes. Cette touche si particulière, Van Eyck l’obtient grâce à un technique, dont la légende lui attribue la paternité : la peinture à l’huile. En réalité, la technique existait avant Van Eyck, mais le maitre flamand va la développer et la porter à son apogée avec son frêre, peintre également, notamment en réduisant le temps de séchage. La technique de la peinture à l’huile sera ensuite diffusée dans toute l’Europe.

Courrez voir cette exposition, rien que pour vous perdre dans le bleu de cette coiffe!

Bruegel, Memling, Van Eyck… Les chefs-d’œuvre de la collection Brukenthal

du 11 septembre 2009 au 11 janvier 2010, au Musée Jacquemart-André

Tous les jours de 9h30 à 18h00 et jusqu’à 21h30 le lundi.

Laure K.

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