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Pourquoi le street art ne devrait pas être beau

5 août 2009 Aucun commentaire

fuckgrowing

Cette année, la programmation culturelle parisienne fait décidemment la part belle au graffiti. Quel plaisir d’admirer le gratin parisien s’extasier devant ce qu’ils appelaient il y a peu du vandalisme !

Mais peut-être avez-vous remarqué qu’à mesure que le street art s’institutionnalise, un abîme de plus en plus vertigineux se creuse entre le graffiti « exposable » et celui qui demeure détestable, éternel sujet d’exaspération pour les autorités.
En ce qui me concerne, j’affirme que les graffiteurs qui se prennent pour des artistes contemporains ont raison de savourer leur récente ascension. Leur place est bien dans les musées. Pour eux, adieu anarchie et illégalité, bonjour postérité et reconnaissance !

Pour autant, je soutiens que l’art de rue qui a quelque chose à dire se doit de rester laid. Sous prétexte qu’une poignée de writers sont les invités d’honneur des manifestations culturelles à la mode et qu’ils sont subventionnés par une marque de luxe, on voudrait que tous les graffitis deviennent beaux. Or si l’insurgé qui recouvre mon immeuble de « f…ck Paris » se mettait à dessiner des fleurs sur ses « I », je ne donnerai pas cher de la cohérence du message !
Il me dit « m..de » à moi, à vous et à la société tout entière, et vous voudriez qu’il y mette les formes ? N’oublions pas que parfois, la critique doit être amère et indigeste, sinon pourquoi le critiqué éprouverait-il le désir de changer ?
Celui qui grimpe en haut d’une tour pour n’y « poser » qu’une signature n’est peut-être pas un artiste, mais son message qui dit « j’existe » n’en n’est pas moins éloquent.

MSS

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